Benoît XVI et l'évangélisation par les médias -Catho.fr
Rubriques

Benoît XVI et l’évangélisation par les médias

On peut légitimement se poser la question de l’utilité d’Internet comme moyen d’évangélisation. En effet, le virtuel ne peut remplacer le réel, et un contact, via un écran, une relation humaine directe.

Mais en même temps, Benoît XVI nous disait que l’environnement numérique n’est pas un monde parallèle ou purement virtuel, mais fait partie de la réalité quotidienne de nombreuses personnes, en particulier des plus jeunes.[1]

Pour mieux comprendre, donc, cette articulation entre réel et virtuel, faisons un petit tour du côté de ce qu’il nous a transmis à ce propos et durant son pontificat, lors des Journées Mondiales des Communications Sociales (JMCS).

Dimanche 28 mai 2006, 40ème JMCS : « Les médias : réseaux de communication, de communion et de coopération »

La promotion du dialogue par les échanges d’enseignement, par l’expression de la solidarité et l’instauration de la paix présente une grande chance pour les mass media, qu’il faut reconnaître et exercer.

Benoît XVI précise cependant que parce que les médias contemporains façonnent la culture populaire, ils doivent surmonter toute tentation de manipuler, surtout les jeunes, et par contre poursuivre le désir de former et de servir.

Dimanche 20 mai 2007, 41ème JMCS : « Les enfants et les moyens de communication social : un défi pour l'éducation »

Notre pape émérite met ici l’accent sur le rôle éducatif que peu à peu les médias se sont appropriés. Pour que cette éducation s’inspire de la Bonne Nouvelle, il faut donc que les chrétiens s’engagent aussi sur ce continent numérique plutôt qu’ils ne s’effacent.

Les défis complexes auxquels l’éducation doit faire face aujourd’hui sont souvent liés à l’influence dominante des médias dans notre monde. En tant qu’élément du phénomène de la mondialisation, les médias, en raison même du développement rapide de la technologie, façonnent profondément l’environnement culturel (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique « Le progrès rapide », n. 3). En effet, d’aucuns affirment que l’influence éducative des médias dans la formation rivalise avec celle de l’école, de l’Église, et peut-être aussi avec celle de la famille. « Pour beaucoup, la réalité est ce que les médias reconnaissent comme telle » (Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, Aetatis Novae, n. 4).

Dimanche 4 mai 2008, 42ème JMCS : « Les médias : au carrefour entre rôle et service. Chercher la Vérité pour la partager »

Face aux dangers des médias laissés à eux-mêmes, Benoît XVI nous interpelle à rechercher la vérité sur l’homme pour que notre communication serve vraiment le bien.

L’humanité se trouve aujourd’hui à un carrefour. Ce que j’ai écrit dans l’Encyclique « Spe salvi » à propos de l’ambiguïté du progrès vaut aussi pour les médias, qui offrent des potentialités inédites pour le bien, mais qui ouvrent en même temps des potentialités abyssales de mal n’existant pas auparavant (cf. n. 22). Il est par conséquent nécessaire de se demander s’il est sage de laisser les moyens de communication sociale être assujettis à un fonctionnement aveugle ou finir par être à la merci de qui s’en sert pour manipuler les consciences. Ne devrait-on pas plutôt faire en sorte qu’ils restent au service de la personne et du bien commun et qu’ils favorisent « la formation éthique de l’homme, pour la croissance de l’homme intérieur » (ibid.) ?

La recherche et la présentation de la vérité sur l’homme constituent la vocation la plus haute de la communication sociale. Utiliser à cette fin tous les langages, toujours plus beaux et plus raffinés, dont les médias disposent, tel est le devoir exaltant confié en premier lieu aux responsables et aux personnes travaillant dans ce secteur. C’est un devoir qui cependant, d’une certaine manière, nous concerne tous, car tous, à l’époque de la mondialisation, nous sommes bénéficiaires et agents de communications sociales.

Dimanche 24 mai 2009, 43ème JMCS : « Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié »

Je voudrais partager avec eux [la génération digitale] quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l’humanité.

C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l’être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l’intolérance, avilit la beauté et l’intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.

Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l’Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d’en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l’annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d’annoncer l’Évangile à vos contemporains !

Dimanche 16 mai 2010, 44ème JMCS : « Le prêtre et la pastorale dans le monde numérique : les nouveaux médias au service de la Parole »

Le monde numérique, en mettant à disposition des moyens qui offrent une capacité d’expression presque illimitée, ouvre de considérables perspectives d’actualisations à l’exhortation Paulinienne : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16).

Il est demandé aux prêtres la capacité d’être présents dans le monde numérique dans la fidélité constante au message évangélique, pour exercer leur rôle d’animateurs de communautés s’exprimant désormais, toujours plus souvent, au milieu des « voix » provenant du monde numérique, et d’annoncer l’évangile en se servant, à côté des moyens traditionnels, de l’apport de la nouvelle génération des moyens audiovisuels (photos, vidéo, animations, blog, sites web) qui représentent des occasions inédites de dialogue et même des outils indispensables pour l’évangélisation et la catéchèse.

A travers les moyens modernes de communication, le prêtre pourra faire connaître la vie de l’Église et aider les hommes d’aujourd’hui à découvrir le visage du Christ, en conjuguant l’emploi opportun et compétent de tels instruments, acquis aussi durant la période de formation, au côté d’une solide préparation théologique et d’une forte spiritualité sacerdotale, alimentée par un dialogue continu avec le Seigneur. Plus que la main de l’opérateur de media, le prêtre dans l’impact avec le monde numérique doit faire transparaître son cœur de consacré, pour donner une âme non seulement à son engagement pastoral, mais aussi au flux de communication ininterrompu de la « toile ».

Qui mieux qu’un homme de Dieu peut développer et mettre en pratique, à travers ses compétences dans le domaine des nouveaux moyens numériques, une pastorale qui montre Dieu vivant et agissant dans la réalité quotidienne et qui présente la sagesse religieuse du passé comme une richesse à laquelle puiser pour vivre dignement l’aujourd’hui et construire l’avenir avec justesse.

Une pastorale dans le monde numérique est appelée à tenir compte aussi de ceux qui ne croient pas, sont découragés et ont dans le cœur des désirs d’absolu et de vérité éphémères, puisque les nouveaux moyens permettent d’entrer en contact avec des croyants de toute religion, avec des non-croyants et des personnes appartenant à d’autres cultures.

À vous très chers Prêtres, je renouvelle l’invitation à saisir avec sagesse les singulières opportunités offertes par la communication moderne. Que le Seigneur fasse de vous des hérauts passionnés de la Bonne Nouvelle également dans la nouvelle « agora » créée par les moyens actuels de communication.

Dimanche 5 juin 2011, 45ème JMCS : « Vérité, annonce et authenticité de vie à l’ère du numérique »

Les nouvelles technologies ne changent pas seulement le mode de communiquer, mais la communication en elle-même. On peut donc affirmer qu’on assiste à une vaste transformation culturelle. Avec un tel système de diffusion des informations et des connaissances, naît une nouvelle façon d’apprendre et de penser, avec de nouvelles opportunités inédites d’établir des relations et de construire la communion.

Il est important de se rappeler toujours que le contact virtuel ne peut pas et ne doit pas se substituer au contact humain direct avec les personnes à tous les niveaux de notre vie.

Lorsque les personnes s’échangent des informations, déjà elles partagent d’elles-mêmes, leur vision du monde, leurs espoirs, leurs idéaux. Il en résulte qu’il existe un style chrétien de présence également dans le monde numérique : il se concrétise dans une forme de communication honnête et ouverte, responsable et respectueuse de l’autre.

Je voudrais inviter, de toute façon, les chrétiens à s’unir avec confiance et avec une créativité consciente et responsable dans le réseau de relations que l’ère numérique a rendu possible. Non pas simplement pour satisfaire le désir d’être présent, mais parce que ce réseau est une partie intégrante de la vie humaine.

Dimanche 20 mai 2012, 46ème JMCS : « Silence et Parole : chemin d’évangélisation »

Silence et parole sont deux moments de la communication qui doivent s’équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique et à une profonde proximité entre les personnes. Lorsque parole et silence s’excluent mutuellement, la communication se détériore, soit parce qu’elle provoque un certain étourdissement, soit au contraire parce qu’elle crée un climat de froideur ; lorsque, en revanche, ils se complètent harmonieusement, la communication acquiert valeur et cohérence.

Il faut considérer avec intérêt les diverses formes de sites, d’applications  et de réseaux sociaux qui peuvent aider l’homme d’aujourd’hui à vivre des moments de réflexion et d’interrogation authentique, mais qui peuvent aussi l’aider à trouver des espaces de silence, des occasions de prière, de méditation ou de partage de la Parole de Dieu.

Dimanche, 12 mai 2013, 47ème JMCS : « Réseaux sociaux : portes de vérité et de foi ; nouveaux espaces pour l’évangélisation »

En fait, les croyants ont de plus en plus ce sentiment que si la Bonne Nouvelle n’est pas connue aussi dans l’environnement numérique, elle pourrait être absente de l’expérience d’un grand nombre pour qui cet espace existentiel est important. L’environnement numérique n’est pas un monde parallèle ou purement virtuel, mais fait partie de la réalité quotidienne de nombreuses personnes, en particulier des plus jeunes.

Les réseaux sociaux, outre qu’instruments d’évangélisation, peuvent être un facteur de développement humain. Par exemple, dans certains contextes géographiques et culturels où les chrétiens se sentent isolés, les réseaux sociaux peuvent renforcer le sentiment de leur unité effective avec la communauté universelle des croyants. Les réseaux facilitent le partage des ressources spirituelles et liturgiques, rendant les personnes capables de prier avec un sens revigoré de proximité avec ceux qui professent la même foi.

Il existe des réseaux sociaux qui, dans l’environnement numérique, offrent à l’homme d’aujourd’hui des opportunités de prière, de méditation, ou de partage de la parole de Dieu. Mais ces réseaux peuvent aussi ouvrir des portes à d’autres dimensions de la foi. En effet, beaucoup de gens sont en train de découvrir, grâce à un contact au départ en ligne, l’importance de la rencontre directe, des expériences de communauté ou même de pèlerinage, éléments toujours importants dans le cheminement de foi. En nous efforçant de rendre l’Évangile présent dans l’environnement numérique, nous pouvons inviter les personnes à vivre des rencontres de prière ou des célébrations liturgiques dans des lieux concrets tels que des églises ou des chapelles. Il ne devrait pas y avoir manque de cohérence ou d’unité dans l’expression de notre foi et dans notre témoignage évangélique dans la réalité où nous sommes appelés à vivre, qu’elle soit physique ou numérique. Lorsque nous sommes en présence des autres, de toute manière, nous sommes appelés à faire connaître l’amour de Dieu jusqu’aux extrémités de la terre.

 


[1] Message du Saint-Père pour la 47ème journée mondiale des communications sociales.

 

copyright Diocèse Fréjus-Toulon

2
Vous aimez cet article ? Partagez-le !